Les orages survenant après une période de beau temps dispersent et déchiquettent les grains de pollens en les projetant sur les surfaces dures (arbres, murs, sols) libérant des particules allergisantes très fines qui pénètrent profondément dans le poumon et déclenchent de véritables épidémies d’asthme aigu grave. Les asthmatiques allergiques aux pollens doivent se méfier de l’orage.

A Melbourne (Australie) 1 900 personnes ont sollicité des soins médicaux après avoir ressenti de grosses difficultés respiratoires provoquées par un phénomène orageux. Sur l’ensemble de ceux qui ont dû faire appel aux secours, quatre n’ont pas survécu. Une semaine plus tard, le même phénomène a frappé le Moyen-Orient, au Koweït, quand une pluie torrentielle a frappé le pays. Cinq travailleurs expatriés auraient été tués par des crises d’asthme sévères et des difficultés respiratoires à la suite de la tempête, « Les hôpitaux ont reçu 844 cas d’urgence en deux jours, cinq d’entre eux sont morts, trois dans l’hôpital de Mumbarak et deux dans l’hôpital d’Amiri », selon la déclaration de Khaled Al-Sahlawi, sous-secrétaire du ministère de la Santé.

Il faisait 35 degrés ce jour-là, et une très forte concentration de pollens dans l’air et en fin d’après-midi, un orage violent s’est abattu sur Melbourne, avec des vents forts, qui ont emporté le pollen dans les airs. Sous l’effet conjugué du vent et de la pluie, les grains de pollen ont explosé, créant des micros-grains de 0.5 à 2.5 mm de diamètre, qui ont pénétré dans les poumons des Melbourniens, alors que normalement les grains de pollen sont trop gros pour atteindre les alvéoles.

Voilà pourquoi ceux qui d’habitude ne souffrent que de rhume des foins au printemps, ont connu leur première crise d’asthme. 20 à 40% des victimes de l’asthme d’orage lundi dernier n’avaient jamais eu de crise auparavant.

L’asthme d’orage: une « maladie climatique »?

Selon le chercheur américain John Allen, de l’université Columbia, à cause du changement climatique, les orages risquent de devenir de plus en plus fréquents et plus violents dans le sud de l’Australie. Les tempêtes de micros grains de pollen déclenchées par les orages risquent donc elles aussi de devenir plus fréquentes. Mais il y a un autre facteur de risque lié aux émissions de CO2. En faisant leur photosynthèse, les plantes doivent absorber des niveaux plus élevés de dioxyde de carbone, et ce changement de ‘régime alimentaire’ change la qualité du pollen et renforcerait son pouvoir allergène.

Professeur Barry Marshall explique comment certaines conditions météorologiques peuvent affecter les personnes souffrant d’asthme :